Ce serait trop beau...Ca voudrait dire que j' ai douze ans, et que j' ai le nez collé sur l' une des vitrines, ridiculement petites, du magasin de la rue de l' Abbé-Groult: admirant l' énorme Penn Senator, dont les chromes ostentatoires me fascinaient, tout comme sa taille de petit tambour, avant de passer à celle consacrée à la chasse, jouer avec l' idée d' être l' heureux possesseur du fusil à pompe qui y trônait!
Et qu' il me faudrait affronter le père Motillon, derrière sa caisse, engoncé dans son informe blouse grise, à te toiser par dessus ses bésicles...J' ai bien mis 4 ans, avant d' oser passer outre le vieux crabe et de me glisser jusqu' à l' obscurité mystérieuse du fin fond de la boutique!
Mais c' était trop tard...Je n' y ai vu que quelques cannes, rien de plus: on vieillis trop vite, parfois, quand on est môme!
N' empêche, je souhaite, aux gosses d' aujourd'hui, d' en avoir un tout pareil, de Motillon...D' autant que le mien avait eu la bonne idée de s' installer à 30m de la pâtisserie Augier, au coin de la rue de Vaugirard, qui produisait les meilleurs croissants de ma mémoire de gourmand: gras de vrai beurre, dorés comme les petites baigneuses de Trégastel, ils vous auraient fait croire au péché!
Mais bon, je reconnais qu' on s' éloigne, un peu, du sujet...Mea culpa!

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Carpe diem...